Nicolas Sarkozy, l'homme politique

Nicolas Sarkozy, l'homme politique
Il a endossé les habits plus populistes d'un responsable proche du peuple et volontairement provocateur.
Un positionnement de rupture avec l'establishment et des petites phrases livrées quotidiennement pour mieux afficher sa différence. C'est sa recette.
Pas un sujet sur lequel il n'a pas un mot à dire.
Pas un journal télévisé sans qu'on le voit apparaître « sur le terrain », aux côtés des policiers intervenant dans des cités, des pompiers combattant les incendies ou aux bras des stars de cinéma qu' il affectionne tant.
Et comme si cela ne suffisait pas, le président de l'UMP se plait à brouiller les pistes, à prendre ses adversaires à revers et à s'aventurer sur des thèmes jusqu'alors désertés par la droite.
Ce qui compte avant tout, c'est la communication.
Son carré de fidèles l'a converti à la dictature de l'immédiat, de l'opinion et de l'éditorialisme. il a fait de l'image, sa principale arme politique même si la réalité de cet univers est souvent élastique.
Il a compris que le message véhiculé par la droite devait éclater si elle souhaitait se maintenir au pouvoir.
Quand cela l'arrange, il n'hésite pas à annoncer faire siennes des valeurs de gauche. Mais, quand il est aux manettes, c'est bien des politiques de droite qu'il met toujours en place.

Car, chez lui, de la critique du pouvoir des juges à la remise en cause des acquis sociaux, de la promotion de la religion à la dénonciation des gens du voyage, des jeunes et des étrangers, il existe bien une cohérence.
Aux sources du sarkozysme, on trouve d'abord un héritage. Celui de la tendance la plus réactionnaire de la droite française qui n'a toujours pas digéré les préceptes de la révolution et de la république.
C'est de là que lui vient ce besoin prononcé d'aller chercher des modèles politiques de substitution au système français. Au plus profond de lui, il y a une véritable fascination pour le monde anglo-saxon. Ces sociétés dans lesquelles l'universalisme n'est pas toujours la règle, où l'on vante la juxtaposition des communautés aux dépens d'une communauté nationale, et où chacun préfère un marché sans entrave à la « lourdeur » des mécanismes de solidarité.
« Je suis un étranger dans mon propre pays » il se plaît à raconter aux étudiants de l'Université de Columbia lors de l'un de mes déplacements outre-atlantique (discours à Columbia, 04/10/04). C'est assurément vrai, d'un point de vue politique.
Il ne ressemble pas à la droite telle qu'on la connaissait. Si on retrouve chez lui la démarche bonapartiste qui a façonné une partie de l'histoire des forces conservatrices en France, si son penchant sécuritaire fait effectivement écho aux aspirations autoritaires de la droite gaullienne, le logiciel politique Sarkozy n'a pas pris l'ensemble de ses racines dans votre pays, Français.

« Certains en France m'appellent Sarkozy l'Américain. J'en suis fier... Je partage beaucoup de valeurs américaines » (24/06/04). Effectivement, il est inspiré par le modèle américain. Et les valeurs qu'il lui a emprunté ne sont pas forcément les meilleures.

Il pense que l'Etat doit se limiter à aider les « méritants », ceux qui produisent les efforts nécessaires pour s'assurer une réussite sociale. Les autres ne doivent s'en prendre qu'à eux-mêmes. Au nom de cette logique, il estime qu'il faut obliger les chômeurs à exercer une activité ; parce que s'ils restent au chômage, "ce ne peut être que de leur faute".

Il y a fort longtemps qu'un responsable politique français n'avait pas conféré une place aussi importante à la spiritualité dans un projet politique. Certes, la droite française se fit, dans les années 80, l'avocate de l'école privée. Mais ce soutien à l'église catholique reposait fondamentalement sur une histoire commune.
Or pour lui, la religion n'est pas simplement une institution dont la France aurait hérité et qu'il faudrait préserver. Pour lui, les églises constituent un élément moteur de la société et doivent jouer un rôle éclairant dans le corps social. « Lorsqu'il y a un prêtre ou un pasteur dans un village pour s'occuper des jeunes, il y a moins de laisser-aller, de désespérance, et finalement de délinquance »(21/06/05).
Comment ne pas être frappé par la similitude de ce discours avec ce que peuvent défendre les républicains américains dans leur propre programme politique ?
George W.Bush et Nicolas Sarkozy, une même perception de la société du mérite, une posture sécuritaire identique et un rapport à la religion partagé.

"Sarkozy l'Américain", L'homme des médias sait exactement quelles recettes proposer aux Français. Pour remporter l'élection présidentielle, il fait le choix d'imposer une mutation historique à la droite. La rupture qu'il dit incarner est ici. C'est une rupture sociale. Et pour la droite, c'est une rupture culturelle.
Porte-étendard de cette nouvelle droite et il a déjà réussi à gangrener mon propre camp. Depuis 2002, c'est lui qui impose son orientation politique même s'il refuse d'en assumer les désastreux bilans.

Son projet politique repose sur un triptyque ravageur : libéralisme, communautarisme et populisme. Le libéralisme pour plaire aux couches aisées, le communautarisme pour séduire les églises, le populisme pour emporter les voix des plus fragiles.

# Posté le jeudi 21 août 2008 15:55

La politique et les médias en France

La politique et les médias en France
La télévision appartient à de grands industriels proches du pouvoir, proche de l'UMP :
TF1 et LCI appartiennent au géant du bâtiment et de la communication Martin Bouygues qui a obtenu TF1 en 1986 quand Jacques Chirac était premier ministre. Martin Bouygues est également le témoin de mariage de Nicolas Sarkozy.

France Télévision est dirigée par la droite depuis 1993 depuis la cohabitation Balladur et le retour de Jean-Pierre Elkabbach à la tête du service public qui s'occupe aujourd'hui de La Chaîne Parlementaire et d'Europe 1.

Vivendi dirige Canal + depuis 2000, volonté du milliardaire Jean-Marie Messier. Depuis février 2006, le groupe Lagardère Active est rentrée dans le capital de Canal +. Lagardère qui pèse déjà très lourd dans la presse (Première, Elle, Paris Match, Journal Du Dimanche, Maximal...), l'édition (Hachette, Hatier, Larousse...), et l'audiovisuel (Canal+, MCM, Europe1, Europe2, RFM, Gulli, Canal J...).

Seul la très ignorée des téléspectateurs de prime-time Arte à une direction relativement multicolore. Créée en 1992 par François Mitterrand et Jack Lang, financée par la redevance, cette ex-chaîne de la gauche au pouvoir échappe au contrôle du Conseil Supérieur de L'Audivisuel (CSA) dont les 9 membres sont proches de l'UMP.

Aujourd'hui, quand on regarde la télévision, c'est la droite néo-libérale qui nous parle, ces chaînes sont des entreprises et sont gérées comme telle.

Le problème est que la télévision véhicule de l'information, fabrique de la culture et façonne l'inconscient collectif.

La télévision ne nous appartient pas mais nous ne pouvons pas nous passez d'elle : 3h40 minutes de télévision par jours (sondage national), soit plus de 25 heures par semaine. Ce chiffre devrait nous effrayer, nous convaincre de quitter cet état d'hypnose mais on en redemande quand dans notre télé, entre les lignes, les paroles et les images, on peut voir, par instant, la réalité, l'invisible réalité.
Grâce à la télé, nous savons tout du monde sans jamais y être allé, nous savons qui sont les stars, les hommes politiques, les peoples qui habitent la télé. La télé nous parle elle-même, de sa culture, de ses inquiétudes.
Nous devrions tous savoir que la réalité n'est jamais vraiment représentée que par des images et pourtant, lors de la campagne présidentielle de 2002, nous aurions dus être choqué par la désinformation, cette véritable obsession sécuritaire... Jean-Marie Le Pen au second tour et Jacques Chirac président...

Ce que nous devons en tirer, c'est que le pouvoir médiatique de la télévision porte des influences plus ou moins directe sur l'opinion des téléspectateurs, autrement dit, des Français. Dans cette période électorale, ce pouvoir ce fait beaucoup plus ressentir.
Nous pouvons déja constater que Nicolas Sarkozy détient une image positive dans les médias et que ses adversaires, y compris Ségolène Royal, sont constament dénigrés, ridiculisés. Lors des reportages dans les JT, le ton et le choix des images est bien différent lorsque l'on parle de Nicolas Sarkozy ou de Ségolène Royal. Le choix de l'actualité va, bien sur, également en faveur du candidat de l'UMP, nous avons eu la preuve avant les élections de 2002 de ce que la télévision peut faire pour favoriser son candidat. Lors des débats, généralement, c'est la même technique qui est utilisée, les invités représentant l'opposition à l'UMP ne sont pas les plus grands orateurs mais plutôt
des personnages soit à l'image "légère" soit au trait de caractère caricatural d'une certaine opposition. Ils existe bien entendu des émissions encore relativement neutre, tel "Arret sur image" sur France 5 mais celles-ci se font de plus en plus rares.

En tant que citoyens en démocratie, c'est avec beaucoup de précautions et de recul que nous devons regarder cette télévision. Nous devons comprendre les messages que nous adresse cette machine à opinion. Opinion qui est également faussée par les instituts de sondage qui, on doit le savoir, sont des entreprises privées pour la plupart et favorise également leur candidat favoris (nous comprennons donc pourquoi ces sondages ce trompent si souvent, nottament lors des élections).

En tant que simples citoyens, nous avons un pouvoir très faible, quasi nul, sur la télévision. "Donner du temps de cerveau libre à Coca-Cola" disait le président de TF1 pour qualifier ces émissions. Au dela du pouvoir politico-médiatique, la télévision française cherche, en effet, à créer du "temps de cerveau libre". Pour cela, il suffit de faire des emissions de télé au niveau intellectuel faible, pour permettre aux téléspectateurs de ne pas réfléchir pour pouvoir accepter très facilement des informations véhiculées par la publicité bien-sûr mais également par les journaux télévisés et ça, Nicolas Sarkozy et l'UMP l'ont bien compris.

Enormément de prudence donc, de recul nécessairement, mais surtout, ne pas s'endormir, sortir de cet etat d'hypnose. Ce n'est pas un message pessimiste, seulement réaliste.

d'après "l'appentis sorcier"

# Posté le jeudi 21 août 2008 15:59

Quand des jeunes militants UMP voyaient en Nicolas Sarkozy un danger

Quand des jeunes militants UMP voyaient en Nicolas Sarkozy un danger
La première campagne présidentielle par Internet.

"En marketing, la notion clé pour se faire connaître, c'est la publicité.
M.Sarkozy l'a très bien compris.

Depuis qu'il a récupéré la présidence de l'UMP, auparavant dirigé par M. Chirac, il peut bénéficier des budgets pubs du parti a son avantage.
Ainsi, Nicolas Sarkozy a récemment envoyé plusieurs mailings a des centaines de milliers d'internautes.
En récupérant les adresses emails transmises par des sites commerciaux comme la SNCF par exemple, il devient facile de monter une bonne opération publicitaire. (En effet, lorsque on achète un billet sur le site de la SNCF, on doit entrer son adresse email.). Au moins 300 000 internautes auraient reçus le mail de M.Sarkozy, leur expliquant les bienfaits de la politique de M.Sarkozy, et l'intérêt d'adhérer a l'UMP.
Le coût de l'opération serait de 60 000 euros (20 centimes par email selon l'article, multipliés par 300 000 mails).
Le tout payé par l'UMP, et au seul profit de M.Sarkozy !
Messieurs Chirac et Villepin feraient bien de se méfier ...
Voyons la suite.

En plus des emails, tout bon publicitaire se doit d'utiliser les services des moteurs de recherche.
Avec le service pub de Google (Google AdWords), on peut acheter des mot-clés publicitaires à Google, et ainsi faire apparaître un lien commercial associé au mot lorsque un internaute fait une recherche sur Google.
Nicolas Sarkozy utilise cette méthode massivement, plusieurs journaux en ont même parlé lors des émeutes en banlieues, ou des mots comme "racaille", "émeutes", ou "banlieues" avaient
étés achetés par l'UMP.
Les liens commerciaux titraient alors : "Soutenez la politique de Nicolas Sarkozy pour rétablir l'ordre", et pointait
directement sur le site de l'UMP.
En allant sur le site, l'internaute pouvait signer une pétition, et s'inscrire a l'UMP.
C'est là que M.Sarkozy montre toute sa finesse : Si un internaute, convaincu par l'argument, s'inscrit a l'UMP en
suivant ce lien, il y a fort à parier qu'il votera Sarkozy aux primaires de l'UMP en 2007 ...
Le prix de l'adhésion au mouvement est très faible : 10 euros pour les moins de 30 ans, 25 pour les autres.
Mais est-ce que ça marche vraiment ? Il semblerait que oui.
Dans ce discours récent, M.Sarkozy veut a tout prix que ce soit les militants de l'UMP qui choisissent le candidat a la présidentielle en 2005. Rappelons-nous, ça n'était pas le cas en 1995, ou Balladur et Chirac avait été tous les deux devant les Français, ni en 2002 ou les ténors de l'UMP avait choisi de laisser M.Chirac se représenter pour un deuxième mandat.
Grâce à la pub, M.Sarkozy a également affirmé qu'il était en mesure de doubler le nombre d'adhérents a l'UMP, et que ce chiffre pourrait atteindre 200 000 a la fin de l'année.
Une enquête IPSOS, révele par ailleurs que ce qui a séduit les nouveaux militants, c'est la personnalité de M.Sarkozy.
C'est bien normal, toute la publicité pour adhérer est tournée en ce sens, en associant chaque fois Sarkozy et UMP, jusqu'à la page d'inscription sur le site de l'UMP, qui ne montre et ne parle que de M.Sarkozy.
Si M.Sarkozy parvient à augmenter significativement le nombre d'adhérents, et qu'il persuade les autres dirigeants de l'UMP de laisser les militants désigner le candidat (démocratie
...), il est sur de se faire élire aux primaires de l'UMP.
Les autres prétendants au trône, M.Villepin en tête, moins au fait des nouvelles techniques de communication, ne pourra que se soumettre."

# Posté le jeudi 21 août 2008 16:05

Modifié le vendredi 22 août 2008 15:13

"Morts Pour Rien"Hommage à Zied et Bouna, ne les oublions pas!

La politique sécuritaire de Nicolas Sarkozy n'a fait qu'entériner la misère des banlieues françaises. Après la suppression de la police de proximité qui créait un véritable dialogue entre la police et les jeunes, Nicolas Sarkozy n'a jamais cessé de provoquer ceux qu'il appelait "Racailles" à coup de policiers et de CRS. Non seulement les forces de l'ordre de l'etat ont été utilisés à des fins politiques mais en plus, Nicolas Sarkozy a diminué ses effectifs afin d'attiser la délinquance pour que l'opinion lui soit favorable et accepte sa politique. Il faut savoir que personne ne devient "délinquant" par plaisir mais que c'est le reflet d'une misère sociale, d'une politique sociale établie depuis des dizaines d'années.

Ce manque de dialogue entre policiers et jeunes de banlieues n'a fait qu'augmenter les craintes réciproques dans ces deux "camps". Le racisme anti-banlieusards et le racisme anti-flics s'est donc vu littéralement explosé.

De plus, les déclarations volontairement provocatrices de Nicolas Sarkozy tels : "Débarrassez des Racailles" (definition : "Partie du peuple la plus pauvre, considérée comme la plus méprisable.") et "nettoyage au Kärcher" entre autre, étaient volontairement dans le but de provoquer la population des banlieues.

Rappelons nous de la mort de bouna et zied à la suite d'une poursuite avec la police qui s'est terminée dans un transformateur EDF, fait déclencheur des émeutes.
Lors de ce fait, Nicolas Sarkozy à directement réagis en faisant croire aux français que la police poursuivait des jeunes car ils avaient commis un cambriolage dans un chantier. Il faut savoir qu'aucun chantier n'était en cours à ce moment et qu'aucun cambriolage non plus. Les jeunes étaient en train de faire une partie de football. Il est vrai que lors de l'arrivée de la police, les jeunes ce sont enfuis mais, qui ne s'enfuirait pas devant la police quand, chaque jours, vous êtes persécuté par cette police censée vous protéger. Les jeunes gens n'ayant pas leurs papiers sur eux (et franchement, qui prend ses papiers pour aller jouer au foot?), ils savaient pertinament qu'un crontrôle de police les auraient menés au commissariat. Quoiqu'il en soit, c'est donc un mensonge d'état que Nicolas Sarkozy à annoncé au média (qui ont relayé cette intox sans scrupule) et au peuple français.

En hommage à Bouna et Zeid, je diffuse ici le clip issus de l'album "morts pour rien", tiré du téléfilm diffusé sur Arte "l'embrasement" qui relate les faits.

L'album ici, Avec Kool Shen, Disiz la peste Akhenaton, Diam's, Blacko (sniper), Kery James, Mystik, Tunisiano, Kazkami, Alibi Montana, Larsen, El Matador, Youssoupah...

# Posté le jeudi 21 août 2008 16:06

Modifié le jeudi 21 août 2008 16:20

Bilan 2002/2007 de Nicolas Sarkozy au Ministère de l'Intérieur

Bilan 2002/2007 de Nicolas Sarkozy au Ministère de l'Intérieur
I) Vrai bilan/ faux bilan

Depuis 30 ans que Nicolas Sarkozy est en politique qui croit à la thèse de l'homme neuf ? Il peut évidemment soutenir qu'il a été freiné dans son action par Jacques Chirac, mais il n'en est aucun exemple concernant son action au ministère de l'intérieur qu'il a occupé en maître absolu pendant près de quatre ans, (du 7 mai 2002 au 31 mars 2004 puis du 31 mai 2005 à mars 2007).

Faux bilan : les chiffres avancés avec constance par Nicolas Sarkozy sont faux. Il prétend que la délinquance a reculé de 9% en 5 ans. C'est faux. De simples manipulations statistiques lui permettent d'escamoter un demi-million d'infractions transformées en simples main-courantes. Mais il lui a été impossible de dissimuler les affaires de violence qui, elles, il est bien obligé de l'admettre, sont en augmentation constante : + 14% en 5 ans.

Echecs :
Nicolas Sarkozy voulait être jugé sur les chiffres. Les atteintes aux biens ont baissé, en France, comme dans toute l'Europe : les nouveaux dispositifs de sécurité, exigés par les assurances, y sont pour beaucoup. Mais les atteintes aux personnes ont augmenté nettement : + 50 000 victimes de violence en plus depuis 5 ans, 10 000 par an en moyenne. La violence dans les banlieues a atteint des sommets inégalés en novembre 2005, mais des incidents graves se produisent très régulièrement aujourd'hui encore dans les quartiers sensibles (attaques d'autobus, agressions des forces de l'ordre), le nombre de voitures brûlées a augmenté (malgré là encore des tentatives de manipulations statistiques), les violences scolaires sont en recrudescence, la violence dans les stades n'a à l'évidence pas été stoppée...

Les parades éculées. Face à ces échecs répétés, Nicolas Sarkozy utilise toujours les mêmes méthodes, éculées mais payantes : il reçoit les victimes et les instrumentalise pour appuyer sa propagande. Il propose des modifications législatives pour rendre la loi encore plus sévère et les lois s'empilent les unes sur les autres... Il crée de nouveaux fichiers (dernière tentative en date : celui des enfants qui font l'école buissonnière). Il critique les juges pour leur laxisme (alors qu'ils n'ont jamais été aussi répressifs : + 10 000 détenus entre 2002 et 2007).

Une répression inutile et dangereuse.
La méthode de Nicolas Sarkozy : une répression qui privilégie le « chiffre », qui n'a aucun impact positif sur l'évolution de la délinquance mais qui met les libertés en péril et creuse un fossé entre la police et la population, notamment les jeunes. Son mot d'ordre est d'augmenter à n'importe quel prix les interpellations et les gardes à vue. Résultat : 530 000 gardes à vue en 2006, une augmentation de 40 000 gardes à vue par an depuis 5 ans ! Avec nombre d'excès qui sont dénoncés par des autorités de contrôle françaises ou internationales. La chasse aux étrangers irréguliers est ouverte toute l'année avec des objectifs chiffrés fixée à la police : 25 000 en 2006, quelque soient les drames humains en jeu. On arrête les enfants, les étudiants, les étrangers qui viennent chercher de quoi manger aux restaurants du coeur ou les parents qui viennent chercher leurs enfants à l'école.

Le Front national est toujours présent. Enfin, et c'est sans doute le plus grave, le Front national est aujourd'hui à des intentions de votes supérieures à celles de mars 2002. Les petits accommodements avec la tolérance avaient été présentés comme le seul moyen de faire baisser Jean-Marie Le Pen. En flattant ses électeurs, en leur cédant les Sudètes, on aurait réussi à les calmer et à les ramener dans le giron du vote républicain. Il semble, hélas, qu'il n'en soit rien...

II) Le projet : Moins de sécurité, moins de libertés

Nicolas Sarkozy n'a pu aller jusqu'au bout de ses idées : même ses amis de l'UMP n'ont pas voulu nombre de ses projets attentatoires aux libertés ou contraires à la Constitution. Sa victoire lui permettrait de mettre enfin en place ce monde dont il rêve, une France sous très haute surveillance avec moins de sécurité et moins de liberté.

La santé publique au service du maintien de l'ordre. En 2006, Nicolas Sarkozy a voulu instaurer une politique de détection précoce des troubles du comportement dès l'âge de 3 ans. Il était prévu qu'un « carnet de comportement » répertorie à vie les turbulences des enfants jusqu'à leur majorité. La mobilisation du monde de la santé l'a provisoirement obligé à reculer.

Police, justice aux ordres. Une prévention de la délinquance qui ne sera qu'un quadrillage serré du territoire avec un peu plus de fichiers, la mort définitive du secret professionnel (déjà à moitié mort avec la loi sur la « prévention de la délinquance »). Un peu plus de compagnies de CRS en guise de police de proximité. Une police au service exclusif de Nicolas Sarkozy qui pourra utiliser sans complexe les Renseignements Généraux pour « actualiser » les fiches des opposants. Des juges surveillés à qui l'on fournira un « guide de l'application des lois », qui seront sommés de remplir un peu plus les prisons grâce à des peines automatiques et qui seront priés de quitter leurs fonctions s'ils déplaisent (comme le ministre de l'intérieur l'a demandé pour le président du tribunal pour enfants de Bobigny accusé de démission)

Une France des conflits. Dans cette France dont rêve Nicolas Sarkozy, les Français se lèveront tôt mais les conflits aussi ! La précarisation du travail grâce au contrat unique (extension du CNE), les privilèges accordés sans vergogne aux plus riches (bouclier fiscal, suppression de fait de l'impôt sur les fortunes, suppression des droits de succession...), la réduction des services publics (un fonctionnaire partant à la retraite sur deux n'étant pas remplacé), l'ignorance dramatique des vrais problèmes des banlieues (uniquement traités par le recours à la répression) ne peuvent que conduire à de très fortes tensions sociales et à l'accroissement des violences.

Les promesses illusoires. Dans un exercice politique inédit, Nicolas Sarkozy, fait des promesses électorales mais les retire avant même d'avoir commencé à les exécuter : la baisse de 4 points des prélèvements obligatoires (impôts et charges) a été repoussée à 5 ans,10 ans, puis 20 ans. S'il est élu, Nicolas Sarkozy qui disposera de tous les leviers du pouvoir, appliquera vraiment tout de suite les réformes qui ne coûteront rien au budget et fera de vraies économies dans ce domaine qui l'insupporte tant, les droits de l'homme !

source : Betapolitique

# Posté le vendredi 22 août 2008 15:27